19.09.2009
Coup de coeur de la semaine du 16/09/09
Mon coup de coeur de la semaine, c'est un garçon dont j'avais déjà entendu parlé, sur lequel on n'avait pas tari d'éloge, tant musicalement qu'humainement. Mais je dois avouer que je n'avais pas encore bien pris le temps de l'écouter, c'est chose faite et je ne suis pas déçu!
Il s'agit de Benoit Guerbigny, accordéoniste, professionnel depuis l'âge de 16 ans.
Benoit Guerbigny est né à Paris, a commencé par apprendre le saxophone au Conservatoire, puis a rencontré un bûcheron qui lui a offert son accordéon, en lui disant que quand il saurait en jouer et qu'il pourrait se payer son propre instrument, il devrait à son tour offrir cet accordéon à un apprenant. L'histoire est très belle, et elle a en outre permis à nos oreilles de découvrir le talent de Benoit Guerbigny.
Attiré par le Poitou, par ses bals et par sa tradition musicale, il s'installe dans les Deux-Sèvres, vers Parthenay. Là, il tourne avec différents groupes, certains bien connus sur la scène trad française, comme Buff'Grôl. Récemment, il a voulu proposer un projet plus intimiste, plus personnel, accompagné du guitariste Aurélien Tanghe et du violoniste Gabriel Lenoir. Compositeur, Benoit Guerbigny propose, au sein de ce trio, ses propres créations et ses arrangement du répertoire traditionnel poitevin.
Ecouter C'est pas clair, un extrait de l'album La généreuse :

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09.09.2009
Coup de coeur de la semaine du 3 septembre 2009
Un peu plus et j'oubliais de le bloguer, mon coup de coeur de la semaine! Pourtant, quel coup de coeur! C'est pas vraiment du trad, j'ai aussi du mal à le caser dans le fourre-tout "world music", c'est tout simplement une fusion de plein de genres, c'est en tout cas de l'énergie en bloc, de la banane, de la pêche, un groupe à écouter les matins difficiles, et quand tout va bien aussi, faut pas se gêner...
Trêve de suspense, je vous parle du groupe Erika & Emigrante.
Erika Serre est une chanteuse tsigane hongroise. Elle a joué dans Vertiges, le spectacle monté par Tony Gatlif en 2007. Parce-qu'elle ne parle pas anglais, elle est passée de justesse à côté du rôle principal dans la version scénique du Temps des Gitans de Kusturica. Erika, c'est une très forte personnalité, une voix tantôt cristalline, tantôt râpeuse comme celle d'une grand-mère tsigane, toujours très sensuelle, et c'est surtout le don de dégager une énergie que peuvent lui envier les plus grands rockeurs!
Pour comprendre le personnage, je vous conseille son clip Joni, reprise de la célèbre chanson de Lemarque Johnny tu n'es pas un ange, popularisée par Piaf en son temps.
Son groupe Emigrante se compose de rockeurs rroms, d'un jazzman français, et d'un célèbre joueur de tabla venu du Rajasthan, Latif Ahmed Khan.
Le nouvel album de Erika & Emigrante s'intitule Tzigane from Mars, il est paru il y a 3 mois chez Iris Music. C'est un pur cocktail explosif de compos et de reprises (Piaf, Led Zeppelin...) passées à la moulinette d'Erika et de son groupe, pour un son unique, un disque énergique et énergétique.
Ecouter Lélé, par Erika & Emigrante
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23.06.2009
Coup de coeur de la semaine du mercredi 17 juin 2009
Le coup de cœur de la semaine est un duo composé de la ravissante Joanne McIver et du talentueux Christophe Saunière.
Joanne a grandi sur l'île d'Arran (Eilean Arainn en gaélique écossais), magnifique petite île de 5000 habitants au Sud Ouest de l'Écosse.
L'île d'Arran, Ecosse.
Elle apprend la cornemuse à l'age de six ans et joue pendant 12 ans avec le groupe de cornemuses de l'île. Par ailleurs, elle apprend la flûte traversière et poursuit ses études à l'Université de Glasgow, où elle se spécialise en composition.
Après avoir rencontré Christophe Saunière, elle s'installe à Paris où elle décide d'écrire un recueil de mélodies pour la cornemuse... qui deviendra finalement un disque intitulé Leaving Arran. De nombreux concerts suivent la sortie du CD, tant en France qu'à l'étranger (il y aura une tournée en Ecosse).
Sur scène, Joanne joue de la grande cornemuse (highland bagpipes), de la cornemuse de chambre (Scottish smallpipes), de la flûte traversière, des flûtes irlandaises, elle chante en gaélique et en anglais. En 2004 un autre album s'ensuit, The Dwarfie Stone, basé sur une légende des îles Orcades, puis en 2006 le troisième album Glenfinnan to Glasgow, voyage itinérant de l'Ouest écossais et en 2008 The Three Sisters, sur un conte écrit spécialement pour le CD.
Elle travaille à présent sur un nouveau projet de conte de son île natale illustré musicalement par des compositions personnelles.
Joanne est par ailleurs la sonneuse officielle de l'Ambassade de Grande-Bretagne à Paris.
Christophe Saunière est un harpiste talentueux et réputé, son parcours est atypique.
Après avoir joué dans les principales formations symphoniques françaises (Orchestre de Paris, Orch. national de Lyon, Orch. de Bordeaux-Aquitaine, Lamoureux...) tout en jouant de la basse et de la batterie dans divers groupes rock, il devient ensuite le harpiste de l'Orchestre National d'Ecosse, où il prend résidence pendant 5 ans.
Il en profite pour redécouvrir ses racines celtes et accompagner la sonneuse de cornemuse Joanne McIver, tout en enchaînant les tournées en Europe, au Japon et aux USA.
Christophe Saunière
Vivant maintenant en France, il se consacre aux compositions de Joanne, aux séances d’enregistrements, joue du jazz, de la musique classique, de la world music, il a joué dans les principales formations de musique contemporaine européennes (EIC, Court-circuit, Klangforum Wien...).
Son CV est impressionnant ! Il fut notamment le Harpiste des B.O. des films Star Wars épisode 1, Titanic, Le Patient Anglais, Alien 4 etc... Il a enregistré une soixantaine de disques ! On peut même le voir jouer la comédie dans le film de Philippe Béziat Musica da camera.
Ecoutez un extrait de l’album The Three Sisters (Buda records, 2008), la chanson Will ye dance ? :

11:03 Publié dans Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : celtique, écosse, gaélique, harpe, cornemuse, joanne mciver, christophe saunière, île d'arran, grande-bretagne, smallpipe, scotland
13.06.2009
Coup de coeur de la semaine du 10 juin 2009
Le coup de cœur de cette semaine est un guitariste des sables mauritaniens, Moudou ould Mattalla.
Moudou est originaire de Chinguetti, ville historique du Sahara. Chinguetti est surnommée « la ville des bibliothèques » et elle est la 7ème ville sainte de l’Islam.Mais au fait, situez-vous la Mauritanie ? Ce très grand pays africain est calé entre l’Algérie, le Mali, le Sahara occidental et le Sénégal. C’est une véritable marche entre l’Afrique du Nord et l’Afrique Noire. La Mauritanie est presque entièrement recouverte par le Sahara. Elle est peuplée de Maures (arabo-berbères), de Peuls, de Wolofs et de Soninkés. Mais du fait que la Mauritanie est un carrefour entre sud et nord de l’Afrique, la population y est assez métissée. Beaucoup des 3,5 millions d’habitants sont d’ailleurs des descendants d’esclaves noirs. Culturellement, la Mauritanie est de tradition musulmane et arabophone depuis des siècles. Le dialecte arabe majoritaire s’appelle l’hassaniyya.
Venons-en à Moudou ould Mattalla. Ses parents déménagent pour travailler à Zouérate, ville minière du nord. Vers l’âge de 10 ans, il se fabrique un tidinit (le luth mauritanien) avec une boîte de conserve. De là naît sa passion pour la musique. Plus tard, il achète une guitare acoustique à un ami. Chaque soir, en revenant de l’école, il s’entraîne sans relâche. A 12 ans, il est renversé par un camion. Gravement blessé à une jambe, il prend seul la décision de se faire amputer. Il retourne à l’école et obtient son brevet. Puis il se fait engager comme guitariste par Tiris Zemour, l’orchestre de la société minière de Zouérate. Il adopte alors définitivement la guitare électrique. Il découvre Pink Floyd, Scorpions, la musique sénégalaise… Sa musique, sur une base traditionnelle maure, s’enrichie ainsi d’influences extérieures, occidentales et ouest-africaines.
En 1983, Moudou part s’installer à Chinguetti, la ville de ses origines. Il s’y taille vite une grande réputation, et y est toujours considéré comme une figure clé de la ville. Chez lui, il s’est improvisé un petit studio dans lequel il s’enregistre à l’occasion. Par ailleurs, il est réparateur de radios, appareil moderne le plus utilisé du pays mais qui résiste mal aux contraintes climatiques (chaleur, sable…). Dans ses enregistrements, Moudou se fait accompagner de jeunes femmes qui jouent des percussions, claquent dans leurs mains et parfois chantent.
Sa musique, entre acoustique et électrique, urbanité et désert, tradition et innovation…. Vous trouverez peut-être dans la musique de Moudou ould Mattalla un air de ressemblance avec la musique des Touaregs de Tinariwen ou de Toumast. C’est évident, tous ces bluesmen africains ont une chose qui les relie, le Sahara, le désert des Berbères, et la spiritualité géniale qu’il inspire aux musiciens depuis toujours.
Ecoutez un extrait du ouezn (impro sur une rythmique enlevée) Le dattier mehboula, enregistré chez Moudou ould Mattalla en 2003, et présent sur le disque Mauritanie:guitare des sables (2005, Buda records)
17:14 Publié dans Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : mauritanie, maure, arabe, assaniyya, sahara, désert, berbère
28.05.2009
Coup de coeur de la semaine du 27 mai 2009
Le coup de cœur de la semaine, c’est un groupe de musique réunionnaise qui porte le nom d’une très jolie orchidée endémique de l’archipel des Mascareignes, le faham (qui sert aussi à faire un rhum arrangé exceptionnel).
Faham est un groupe basé en Creuse, composé de Christian Bonvicini, Jean-Pierre Moutoulatchimy, Jean Maurice Prudent et Marion Bertin, trois Réunionnais et un Mauricien.
Faham, c’est l’occasion de parler d’une page sombre de l’histoire française: l’affaire des Enfants de la Creuse. Dans les années 1960, plusieurs centaines d'enfants réunionnais dits « orphelins » furent déplacés par les autorités françaises dans le but de repeupler les départements français victimes de l'exode rural comme le Tarn, le Gers, la Lozère mais surtout la Creuse. Ce déplacement d'enfants par avions entiers fut organisé sous l'autorité de Michel Debré, député de La Réunion à l'époque. Cette histoire, les Faham la racontent dans la très émouvante (bien que joyeuse d’aspect) chanson Réunion sur Creuse. Arrachés à leur terre natale, arrivés dans un foyer pour enfants à Guéret puis disséminés à travers les campagnes du département, les centaines d’enfants réunionnais, victimes de ce qu’ils appellent aujourd’hui une « déportation », ont souffert non seulement de l’éloignement de leur terre et de leur famille, mais aussi du regard méfiant (voire pire) des autochtones. Ce que l’on pourrait donc appeler une double peine.
Malgré tout, les quatre copains du groupe Faham ont décidé de faire de cette double culture une richesse, et de montrer à la face du monde qu’ils peuvent vivre ici dans la paix et ainsi changer le regard des gens. Deux styles musicaux prédominent dans leurs compositions : le séga et le maloya.
Les textes en créole, superbes, expriment tout ce qui fait une vie : la joie, la misère, l'amour, l'amitié, le travail…
Mais attention, aucun misérabilisme dans leur musique, car l’âme ensoleillée, la bonne humeur créole des quatre membres est omniprésente.
Ecouter Réunion sur Creuse, extrait de l’album Mi ème a ou (je vous aime) par Faham

15:29 Publié dans Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : faham, creuse, limousin, réunion, maurice, mascareignes, océan indien, créole, réunionnais, mauricien
22.05.2009
Coup de coeur de la semaine du 20 mai 2009
Cette semaine, ma préférence va à un exceptionnel duo formé de Thierry Roques et de Guillaume Lopez.
Le premier, Thierry Roques, est un accordéoniste polyvalent hors pair. Son groove caractéristique est empreint de musiques traditionnelles occitanes et maghrébines. Il a joué auprès des grands de la chanson française (Serge Régiani, Guy Béart, Francis Cabrel, Enrico Macias…). Il est d’ailleurs le frère de Jean-Louis Roques, autre accordéoniste de renom, qui composa et joua énormément pour Renaud. Thierry Roques découvre plus tard les musiques du monde aux côtés de Djamel Allam ou encore dans le spectacle Paris Bucarest avec Nathalie Jolie…
Guillaume (Guilhem) Lopez est, quant à lui, bien connu de ceux qui suivent l’actualité musicale occitane. Né en 1981, il apprend la musique classique et le saxo dès l’âge de 8 ans. Une dizaine d’années plus tard, il découvre les musiques de traditions populaires. Virtuose des instruments à vent, chanteur exceptionnel, sa musicalité et sa présence vocale s’inspirent certainement de ses origines espagnoles. En bon Toulousain, il se passionne pour les cultures d’Oc. Eclectique, Guillaume Lopez est impliqué dans de nombreuses formations que les fidèles de Bolega-te! connaissent bien: Duo Brotto-Lopez, Guilhem Lopez en Companhia, travail avec Eric Fraj…
Avec Le champ des dunes, la formation Sòmi de Granadas nous offre un magnifique premier album. Sòmi signifie le rêve en occitan. Le rêve d’un voyage entre les deux Granadas de part et d’autres des Pyrénées : Granada de Garona et Granada la Andaluza.
Explosion de sons et de rythmes, entre les cultures, les langues (occitan, castillan) et les mondes, sur un répertoire majoritairement inédit, entre Occitanie, Espagne et Afrique du Nord.
Ecouter Tolosa, magnifique hommage à la ville de Toulouse, extrait de Le champ des dunes, par le duo Sòmi de Granadas (Roques/Lopez)

10:03 Publié dans Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : roques, lopez, toulouse, languedoc, quercy, occitan, occitania, accordéon, flûte, bandonéon
07.05.2009
Coup de coeur de la semaine du 6 mai 2009
Le coup de coeur de la semaine est québécois, et ça n'est pas la première fois! Et oui, j'aime bien certains groupes québécois, je trouve qu'on sent dans leur musique traditionnelle de nombreuses influences, depuis l'Angleterre et l'Irlande jusqu'à, et surtout, la côte ouest française (Normandie, Bretagne, Vendée, Poitou, Saintonge).
Le groupe que j'ai (re)découvert cette semaine s'appelle Le Vent du Nord. Il se sont, en 7 ans d'existence, taillé une très solide réputation dans toute l'Amérique du Nord ainsi que sur le "vieux continent", c'est à dire chez nous. Faut dire qu'il y a quelques instrumentistes de grand talent dans ce groupe.
Il y a d'abord, chose pas évidente dans la musique québécoise, de la vielle à roue. C'est Nicolas Boulerice qui a acquis la maîtrise de cet instrument lors de voyages chez les vielleux français. Au violon (là, pour le coup, c'est obligatoire en trad québécois), Olivier Demers, qui a pratiqué la musique de chambre et le jazz avant d'arriver au trad. Il n'est d'ailleurs, loin de là, pas un cas isolé : de nombreux musiciens classiques et jazzmen en viennent à la musique trad, alors qu'il y a quelques décennies le processus était souvent inverse... Il faut dire que la musique traditionnelle ne fait, dans beaucoup de pays occidentaux, plus partie de la vie quotidienne et son apprentissage est de moins en moins routinier : on l'apprend aujourd'hui au Conservatoire! Bref, Demers est un excellent violoniste, et avec son copain Boulerice suscité, ils forment par ailleurs un duo dont le dernier album a été élu meilleur album trad' de l'année 2006 au Canada). Simon Beaudry, lui, est originaire de Saint-Côme, petite commune en plein coeur du Québec. Chez lui, par contre, la musique se transmet par tradition depuis des générations. Tel l'un de ses grands-pères, Simon Beaudry chante la tradition québécoise. Tel son autre grand-père, il la joue, mais lui a préféré la guitare au violon. Enfin Réjean Brunet (si c'est pas un Québécois ça!), accordéoniste, a rejoint le groupe plus récemment, et ça ne gâte rien à l'affaire! Virtuose, fin connaisseur de la tradition, il s'est forgé une grosse expérience de la scène avec son frère puis avec le groupe La volée d'castors.
Pour finir, et avant de vous en donner à entendre, Le Vent du Nord c'est 3 albums et un live paru récemment.
Ecouter Rosette (CD Dans les airs, 2007, Borealis records) par Le Vent du Nord :

09:41 Publié dans Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : québec, canada, le vent du nord, musique traditionnelle, amérique du nord, vielle à roue, chant, guitare, accordéon
30.04.2009
Coup de coeur de la semaine du 29 avril 2009
Ceux qui écoutent régulièrement l'émission savent que j'aime la musique italienne, et plus spécialement la, ou plutôt les musiques du sud de l'Italie. Je suis notamment tombé amoureux, il y a quelques mois, d'un groupe du Salento, du Foggiano et du Gargano nommé Malicanti... Je vous en avais fait écouter. Il y a quelques jours j'ai découvert un autre groupe, Nidi d'Arac, qui bien qu'originaire de Rome, a consacré en 2007 un album à la musique du Salento. Il faut dire que le leader du groupe, Alessandro Coppola, vient de cette magnifique région du sud. Les Nidi d'Arac (nids d'araignées) présentent des compositions personnelles, de pures créations, ainsi que des chants et airs de tradition à proprement parler. Les Malicanti, eux, sont beaucoup plus fidèles à la tradition.
Nidi d'Arac
Les deux groupes interprètent notamment des tarantelles, airs et chants rythmés, entrainants, qui peuvent même faire rentrer le danseur en transe. D'ailleurs, la tarantelle servait autrefois, dit-on, à guérir ceux qui avaient été piqués par la tarentule, une araignée pas sympa du tout... Dans les textes traditionnels, d'ailleurs, les chanteurs font l'amalgame entre l'araignée dont la tarantelle tire son nom et la danse elle-même : "ne serait-ce pas la musique qui me pique? je ne me contrôle plus, je saute et je courre, je suis fou...". La tarantelle est un genre divers et varié, il y en a des lentes, des rapides, des très rapides, c'est en fait un terme générique désignant toutes ces musiques entraînantes du sud de l'Italie (Pouilles, Campanie...).
Malicanti
Ce que j'aime dans ces musiques italiennes, c'est qu'elles sont chantées en langues régionales. En effet, il y a peu d'intérêt à traduire ces textes en italien tant ils sont liés à une histoire, à un territoire... De plus, plus de la moitié des Italiens parlent encore aujourd'hui quotidiennement une langue autre que l'italien, ce qu'ils appellent les dialetti, que l'on appellerait chez nous langues régionales. J'aime le dialecte salentino que chantent les Nidi d'Arac. Il pourrait, tel d'autres dialectes des Pouilles comme le napolitain et pour schématiser, nous faire un peu penser au sarde ou au corse. J'aime encore plus le dialetto foggiano, autre dialecte des Pouilles, circonscrit à la seule province de Foggia qui, dans l'ensemble apulien, conserve une spécificité forte. Influencé par le grec et d'autres langues d'envahisseurs, bien que majoritairement italique, le foggiano sonne à mon oreille, je ne me l'explique pas, mais j'aime vraiment entendre ce dialecte, l'entendre chanter par Malicanti. Le foggiano est l'une des langues les plus menacées d'Italie puisqu'elle ne compte plus que 150 000 locuteurs (à peine).
Assez parlé, je vous donne à entendre deux choses : Nidi d'Arac, en salentino, et Malicanti, en foggiano. Bonne écoute!
10:24 Publié dans Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : italie, salento, pouilles, nidi d'arac, tarantelle, italia, alessandro coppola, chant italien, malicanti, salentino
16.04.2009
Coup de coeur de la semaine du 15 avril 2009
Le coup de coeur de la semaine, c'est le nouveau disque de Sonoloco, groupe de punk occitan sorti des tripes de chez notre voisin Périgord.
Fondé pendant l'été 1995, et après quelques démos, le groupe Sonoloco sort fin 1997 un premier CD 4 titres (en Occitan) autoproduit « Lo Tabanar ». Le style du groupe, un métal froid, limite noïse intrigue, et la chanson « Ebolhar lo ganhon » (écraser/exploser le cochon) se taille un joli petit succès d'estime dans les radios rocks (et occitanes) du sud-ouest de la France. Le groupe joue un petit peu partout dans les bars et les petites salles du sud-ouest (ainsi qu'une date au célèbre Gibus de Paris). Une mini-tournée annulée fin 1998 en Angleterre, annonce une période de changement de line-up dans le groupe dont le son évolue de plus en plus dans un style plus rock, limite stoner.
Le projet de l'enregistrement du nouvel Album « Silenci », avec aux manettes « Ted » (un des ingé-sons de Noir Désir, travaillant maintenant avec les Têtes Raides) à Bordeaux annoncé pour 1999, est reporté en 2000 pour finalement être annulé, le groupe traversant le début du vingt et unième siècle dans l'alcool et la fumée... Finalement, le line-up du groupe se stabilise fin 2002 avec l'arrivée de Julien à la basse et de Cédric à la guitare rejoignant les deux membres fondateurs du groupe Olivier le batteur et Jeff le chanteur. Motivée comme jamais, cette formation enregistre l'album Mefia-Te avec Jean-Paul Trombert aux manettes en 2003 dans un style beaucoup plus punk-rock (les influences métal étant toujours présentes). Le premier extrait de l'album « Jacques et José » déboule dans les radios du sud de la France dés l'été 2003, (les occitanistes lui préférant en général le morceau « Mossur Deubeuliou » sur un célèbre Texan-président). Sonoloco en profite pour repartir en concert. L'album « Mefia-Te » sort finalement sur le petit label Apocalypse records fin 2004.
Pendant l'été 2005 une collaboration entre le groupe Sonoloco et le groupe Stupeflip (Sony-BMG) aboutit au morceau « Nos sem aqui per far dau brutz » (nous sommes ici pour faire du bruit), fruit d'un délire nocturne entre Jeff et King-Ju (le chanteur de Stupeflip), ce morceau qui est inédit, est en train de devenir un véritable « collector » que les fans de Stupeflip s'arrachent sur le net. Sonoloco participe aussi fin 2005, en enregistrant « Joe the Butcher », à l'album « Tribute to the Bushmen » (groupe limougeaud)... Puis début 2006, le groupe enregistre (toujours avec J-P Trombert) un nouvel album « Nos sem Aqui » dont certains titres passent dès lors en radio mais qui ne sort qu'en 2009...
09:32 Publié dans Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sonoloco, périgord, hautefort, périgueux, periguers, dordogne, dordonha, occitan, occitania, occitanie
09.04.2009
Coup de coeur de la semaine du 8 avril 2009
En ce jour d'élection présidentielle en Algérie, comment ne pas rendre hommage à la richesse musicale de ce magnifique et grand pays. Et un hommage particulier à la Kabylie.
Les Berbères sont l'ensemble des tribus autochtones qui peuplaient quasiment exclusivement l'Afrique du nord avent les invasions romaines, ottomanes, arabes, européennes... Ces tribus partagent une langue, découpée en dialectes. Parmi les grands groupes berbères, on trouve au Maroc le chleuh, le rifain, le tamazight de l'Atlas... En Algérie, on trouve le chaoui, le touareg, le mozabite, le chenoui, le kabyle...
Les Kabyles sont donc un peuple berbère, et non arabe, bien qu'islamisé depuis de nombreux siècles. A noter qu'il existait également des tribus juives berbères en Afrique du nord.
Paysage de Kabylie
Les Kabyles vivent dans une petite région montagneuse du nord est de l'Algérie, la Kabylie, et la diaspora kabyle est très importante. Pour info, plus de 40% des immigrés algériens en France sont berbères et non arabes, et cela vaut aussi pour les immigrés marocains.
Les Kabyles parlent une langue berbère, le kabyle ou tha kvayelith, ils ont des coutumes, des moeurs, des traditions, un "type" physique, un rapport à la nature et à la religion qui leur sont propres. Les Kabyles sont très attachés à leur identité berbère et à leur langue, et face à un pouvoir algérien qui a souvent nié ou dédaigné cette spécificité, leur histoire fut émaillée de mouvements revendicatifs et de répressions terribles. L'arabisation des Kabyles ne cesse de progresser et la langue berbère recule. On estime cependant qu'il reste au total 12 millions de locuteurs kabyles (dont près des 2/3 en Europe). Le kabyle reste donc la deuxième langue berbère la plus parlée, derrière le chleuh marocain.
La chanteuse Lycia Nabet en costume et tatouage traditionnels kabyles, lors du tournage du film "Vava Inouva"
En 1980, la Kabylie et les universités algéroises connaissent plusieurs mois de manifestations réclamant l'officialisation de la langue berbère : c'est le "Printemps berbère". En réponse à ces revendications culturelles et politiques, Alger durcie sa politique d'arabisation et en 1994-1995, l'année scolaire fait l'objet en Kabylie d'un boycott appelé "grève du cartable". En juin et juillet 1998, la région s'embrase à nouveau après l'assassinat du chanteur Matoub Lounès (chantre s'il en est de la culture kabyle) et à l'occasion de l'entrée en vigueur d'une loi généralisant l'usage de la langue arabe dans tous les domaines. À partir d'avril 2001, l'assassinat d'un jeune par des gendarmes provoque de graves émeutes qui accentuent la rupture avec les autorités : c'est le "Printemps noir", au cours duquel 125 jeunes Kabyles vont être abattus par les services de l'État algérien, en plus de milliers de blessés et de mutilés. A partir de cette date, plusieurs groupes et partis politiques autonomistes kabyles se forment. Bien que le kabyle soit devenu langue nationale de l'Algérie (ce qui correspondrait en Europe au statut de "langue régionale"), beaucoup revendiquent sa véritable officialisation au côté de l'arabe.
Aujourd'hui, une fois de plus, les dés sont pipés et Abdelaziz Bouteflika remportera certainement, et pour la troisième fois, l'élection dès le premier tour, et une fois de plus, les Kabyles boycotteront le scrutin à 95%, en souvenir des insultes répétées de Bouteflika à l'égard de leur peuple, et de la répression de 2001. Alors pour se détendre, écoutons de la chanson kabyle...
Ecouter un extrait de Ann argu par Djaffar Aït Menguellet, fils du célèbre Lounis Aït Menguellet

Djaffar Aït Menguellet
10:44 Publié dans Coups de coeur | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : kabylie, algérie, kabyle, berbère, tamazight, afrique du nord



















